Assurance vie après 80 ans : comprendre les enjeux fiscaux et successoraux

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Versements après 80 ans : quelles règles fiscales ?

Les versements effectués après 80 ans et donc après 70 ans ne bénéficient plus du même cadre fiscal que ceux réalisés avant 70 ans.

Cadre légal : l'article 757 B du CGI

L’article 757 B du Code général des impôts encadre les primes versées après 70 ans sur un contrat d’assurance vie. Ce texte prévoit que ces sommes sont soumises aux droits de succession après application d’un abattement unique.

Cette disposition marque une rupture avec le traitement fiscal plus favorable réservé aux versements réalisés avant 70 ans, qui bénéficient d’une exonération plus étendue et d’un abattement par bénéficiaire.

Abattement de 30 500 € : les modalités d’application

L’abattement prévu par la loi s’élève à 30 500 € pour l’ensemble des contrats et pour l’ensemble des bénéficiaires. Il ne s’agit pas d’un abattement individuel mais global, applicable à la totalité des primes versées après 70 ans.

Ainsi, si vous avez effectué plusieurs versements sur différents contrats, seul ce plafond sera pris en compte, et ce, une seule fois.

Une fois cet abattement appliqué, les montants restants sont imposés selon les droits de succession en vigueur, en fonction du lien de parenté entre le souscripteur et chaque bénéficiaire.

L’âge au moment du versement qu’il soit de 72, 85 ou 90 ans n’influence pas directement le montant de l’abattement, mais l’assujettissement au régime de l’article 757 B reste automatique après 70 ans.

Primes et produits du contrat : quelle différence ?

Il convient de distinguer les primes, c’est-à-dire les sommes que vous versez volontairement, des produits, autrement dit les intérêts générés par le contrat. Seules les primes sont concernées par l’article 757 B.

Les produits, eux, conservent leur traitement fiscal propre à l’assurance vie. Ils ne sont pas soumis à l’article 757 B et sont, dans la majorité des cas, exonérés de droits de succession, ce qui peut atténuer en partie l’impact fiscal des versements effectués après 80 ans.

Versements sur l’assurance vie après 80 ans : quelles conséquences sur la succession ?

Le régime applicable aux primes versées après 70 ans influe directement sur les droits dus par vos bénéficiaires.

Intégration des primes versées après 80 ans dans la succession

Les primes versées après 70 ans sont prises en compte dans le calcul des droits de succession après application de l’abattement global de 30 500 € contrairement aux primes versées plus tôt qui restent, dans la plupart des cas, hors du champ des droits de succession

Une fois l’abattement global de 30 500 € épuisé, cela signifie que vos bénéficiaires désignés ne profitent plus de l’abattement de 152 000 € par bénéficiaire, applicable aux versements effectués avant 70 ans. En pratique, cela peut alourdir la charge fiscale qui pèse sur certains héritiers, notamment en l’absence de lien familial direct.

La répartition de l’abattement entre bénéficiaires

L’abattement de 30 500 € s’applique à l’ensemble des bénéficiaires de manière proportionnelle à ce qu’ils reçoivent. Si plusieurs personnes sont désignées, aucune part fixe ne leur est attribuée à titre individuel.

En effet, l’administration fiscale effectue une ventilation au prorata des capitaux transmis. Une bonne anticipation permet de mieux organiser cette répartition, en adaptant la clause bénéficiaire ou les montants versés.

Le rôle du notaire dans le traitement de vos contrats d’assurance vie ?

Lors du règlement d’une succession, le notaire peut être amené à prendre en compte l’ensemble du patrimoine, y compris les contrats d’assurance vie que vous avez souscrits.

Même si ces contrats sont en principe considérés comme hors succession, les primes versées après 70 ans doivent être signalées, car elles entrent dans le calcul des droits.

Aussi, veillez à informer les bénéficiaires de ces contrats afin d’éviter toute omission ou complication au moment de la transmission.

Comment optimiser votre transmission de patrimoine après 80 ans ?

Même après 80 ans, certaines démarches peuvent contribuer à alléger la fiscalité appliquée aux capitaux transmis.

Anticiper la transmission de son patrimoine

Une réflexion globale sur la transmission de vos biens reste possible, quel que soit votre âge. L’objectif consiste à éviter une concentration excessive de primes versées après 70 ans sur un seul contrat, surtout si l’abattement a déjà été utilisé.

Selon votre situation, il peut être pertinent d'étudier d'autres outils de transmission patrimoniale en complément de l'assurance vie afin de répondre au mieux à vos objectifs successoraux.

Choisir les bons bénéficiaires pour limiter la fiscalité

Certains de vos bénéficiaires peuvent profiter d’exonérations totales ou partielles, notamment le conjoint survivant ou le partenaire de PACS. À l’inverse, les transmissions à des tiers ou à des membres éloignés de la famille sont fortement taxées. En ajustant les bénéficiaires de votre contrat, vous avez la possibilité de moduler l’impact fiscal.

Envisager d’autres alternatives (donations, démembrement, etc) H3 : Envisager d’autres alternatives (donations, démembrement, etc)

En complément de l’assurance vie, d’autres solutions patrimoniales peuvent être envisagées pour préparer la transmission de son patrimoine, comme la donation ou le démembrement de propriété.

Ces dispositifs répondent à des objectifs spécifiques et obéissent à des règles juridiques et fiscales propres. Leur mise en œuvre dépend notamment de votre situation patrimoniale, familiale et de vos objectifs de transmission.

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Que votre objectif soit de constituer une épargne à long terme, de préparer votre retraite ou d’organiser la transmission de votre patrimoine, ce contrat s’adapte à vos besoins.

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Pour répondre à toutes vos questions sur les versements de l'assurance vie après 80 ans

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FAQ
  • Oui, la souscription d’un contrat d’assurance vie reste possible après 80 ans. Néanmoins, certaines compagnies peuvent limiter l’accès à certains supports ou restreindre les options de gestion. Il est donc conseillé de se renseigner auprès de l’assureur.

  • Les produits générés par le contrat même après 80 ans ne sont pas concernés par l’article 757 B. Ils conservent leur fiscalité propre à l’assurance vie. En cas de décès, ils sont généralement exonérés de droits de succession, ce qui peut atténuer le poids fiscal des primes versées tardivement.

  • L’administration fiscale répartit l’abattement de 30 500 € au prorata des montants perçus par chaque bénéficiaire. Il ne s’agit pas d’un abattement de 30 500 € par personne, mais d’un montant unique partagé entre tous les bénéficiaires des primes versées après 70 ans.

  • Les bénéficiaires disposent d’un délai de six mois à compter du décès pour effectuer les démarches déclaratives, ou d’un an si le décès intervient à l’étranger. Il est impératif d’informer l’administration fiscale et le notaire de l’existence des primes soumises à l’article 757 B.

  • Oui, le conjoint survivant tout comme le partenaire de PACS est exonéré de droits de succession, y compris pour les primes versées après 70 ans. Cette exonération constitue un avantage non négligeable dans le cadre de la gestion patrimoniale entre époux.