L’absentéisme en 2026 : et si on regardait enfin ce que les chiffres ne disent pas ?

« Un arrêt de travail, ça ne commence pas le jour où le médecin signe. Ça commence bien avant. » +25,5 % depuis 2019. Près d'un salarié sur trois arrêté au moins une fois dans l'année. Derrière ces chiffres, une réalité qui se complexifie : de nouveaux profils, des arrêts qui s'allongent, et un système d'indemnisation mis sous une pression inédite. Pour les 10 ans de notre baromètre, nous avons croisé trois sources pour une lecture de l'absentéisme comme nous ne l'avions jamais proposée.

Un phénomène qui touche tout le monde, mais pas de la même façon

Les jeunes s'arrêtent souvent et plusieurs fois. Les seniors moins souvent, mais bien plus longtemps. Les cadres, historiquement épargnés, enregistrent aujourd'hui les hausses les plus rapides. Les managers sont 53 % à s'être vu prescrire un arrêt en 2025. L'absentéisme n'a plus de profil type. Il a des dynamiques, et elles divergent selon l'âge, le statut, le secteur.

Ce qui se joue derrière les arrêts longs

63,8 % des journées d'absence sont imputables à des arrêts de plus de 60 jours, qui ne représentent que 9,4 % du nombre total d'arrêts. C'est là que se joue la soutenabilité du système : leur poids a progressé de 6 points en six ans. Troubles de la santé mentale, TMS, traumatologie, trois familles de pathologies concentrent les deux tiers des arrêts longs. Les comprendre, c'est la condition pour agir efficacement