Comment lutter contre la solitude du dirigeant ?

Le chef d’entreprise, c’est le capitaine du bateau. C’est lui qui donne le cap. Il est au centre de toutes les responsabilités, fait face à toutes les difficultés et peut parfois se sentir isolé dans son rôle de dirigeant. Pour éviter que ce sentiment de solitude ait des répercussions sur sa santé et celle de son entreprise, il existe des solutions.

La solitude du dirigeant, qu'est-ce que c'est ?

Il faut distinguer « être seul à diriger » et « sentiment d’isolement ».

Par nature, un dirigeant est seul à la tête de son entreprise. C’est une solitude « normale » qui est liée à son statut spécifique de dirigeant. Le chef d’entreprise n’a pas d’équivalent dans l’entreprise. C’est lui qui donne l’impulsion, dirige l’activité et trouve des solutions pour affronter les difficultés.

Pression des chiffres, des clients, horaires intenses… La vie d’un chef d’entreprise n’est pas un long fleuve tranquille sans compter qu’il est aussi le seul responsable légal et financier de son entreprise en cas de coups durs.

La position spécifique d’un dirigeant peut malheureusement conduire à un sentiment plus profond de solitude et à l’isolement. BPI France Le Lab a conduit en 2016 une étude sur ce sujet auprès de chefs d’entreprises d’ETI et PME. Les résultats sont probants : 45 % des dirigeants se sentent isolés. Et parmi ceux-ci, 11 % se sentent très isolés.

Les raisons de cette solitude sont aussi variées que les profils des entrepreneurs interrogés. Toutefois, plusieurs sont communes à tous les sondés :

  1. Le poids des responsabilités et du pouvoir, dans un environnement complexe et incertain.
  2. La difficulté à bien s’entourer, autant en interne qu’en externe.
  3. La difficulté à concilier vie privée et vie professionnelle.

Un dirigeant isolé aura tendance à moins prendre de recul, à moins bien anticiper les difficultés et à perdre sa capacité à saisir des opportunités… Trop isolé un dirigeant peut compromettre l’avenir même de son entreprise.

En période de crise, ce sentiment d’isolement peut être perçu encore plus intensément.

Quelles conséquences pour le dirigeant ?

Pour le chef d’entreprise concerné, l’isolement peut accroître les risques liés à sa fonction et déjà présents au quotidien. Un dirigeant ne se ménage pas. En moyenne, il travaille 60 h par semaine environ et cet investissement peut avoir des conséquences sur sa santé : stress, épuisement, problèmes de santé, souffrance psychique ou physique, burn out.

17,5 % des patrons de PME françaises sont ainsi susceptibles de subir un syndrome d’épuisement professionnel selon les études que mène l’observatoire AMAROK.

La pandémie Covid-19 a aussi tendance à augmenter les effets de la solitude du dirigeant. La récente étude de Malakoff Humanis sur la santé des dirigeants de TPE/PME révèle ainsi que, depuis mars 2020 :

  • plus de la moitié d’entre eux a l’impression de ne plus se détacher du travail,
  • un tiers déclare avoir du mal à concilier vie professionnelle et engagement personnel.

L’impact se fait sentir directement sur la santé : 48 % des patrons de TPE/PME notent ainsi une progression de leur stress, 42 % des effets sur leur humeur et 37 % une fatigue accrue.

Comment lutter contre la solitude du dirigeant ?

Plusieurs solutions existent pour permettre au dirigeant de sortir de sa solitude. Toutes ont leurs avantages et leurs inconvénients. A chacun de trouver celle qui lui convient.

  • S’entourer de pairs
    La solitude du dirigeant est souvent liée à l’absence d’alter ego avec qui échanger dans l’entreprise. Or, ces alter ego existent : ce sont les chefs d’entreprise du territoire ou de la même profession. Pour sortir de son isolement, le dirigeant peut facilement contacter un réseau d’entrepreneur auquel adhérer : BNI, APM, CDJ, organisation professionnelle, etc. L’essentiel est d’avoir autour de soi des personnes ayant les mêmes préoccupations, aptes à comprendre les difficultés. Une discussion stimulante avec des pairs peut même permettre de trouver des idées nouvelles pour se développer !
     
  • Revoir sa gouvernance et son organisation
    Tous les grands champions sportifs le savent : on ne réussit pas seul. Le chef d’entreprise a donc tout intérêt à associer plus et mieux ses collaborateurs au destin de la société. Les moyens sont variés :
    • Cession de parts de capital pour associer certains salariés à la conduite de l’entreprise
    • Mise en place d’un comité de direction pour partager la prise de décision
    • Revoir le mode de management en le rendant plus horizontal.
       
    L’existence d’un collectif soudé autour du dirigeant a, toujours selon l’étude BPI France de 2016, un effet réducteur sur le sentiment de solitude.
  • Se former
    La formation professionnelle a plusieurs avantages. Elle oblige à s’extraire de l’entreprise pour quelques heures ou jours et favorise ainsi la prise de recul. Elle exige de se concentrer sur des connaissances nouvelles et conduit à changer de point de vue. Et comme il n’est pas rare de rencontrer ces alter ego en formation, c’est un bon moyen de nouer de nouvelles relations.
     
  • Demander l’aide d’un conseiller
    Avoir recours à un coach peut être une solution très efficace. Ce professionnel a l’avantage d’être hors de l’entreprise et d’avoir un regard extérieur et neutre sur celle-ci. Son rôle n’est pas de se substituer au dirigeant mais bien d’aider celui-ci à prendre du recul, à se poser les bonnes questions, à se projeter dans l’avenir. Ces échanges réguliers donnent une respiration salutaire au chef d’entreprise et le sortent de sa solitude.
     
  • En parler
    Chez Malakoff Humanis, nous aidons les dirigeants à préserver leur santé et par voie de conséquence celle de leur entreprise, grâce à une ligne d’écoute dédiée : la Ligne Écoute Dirigeants.
    Au bout du fil, des professionnels de santé (psychologues du travail et experts de la santé des dirigeants de TPE/PME) proposent au dirigeant qui le souhaite, un accompagnement personnalisé et confidentiel avec la mise en place d’un plan d’actions.
     
  • Se déconnecter de l’entreprise
    C’est la chose la plus difficile à faire pour les dirigeants qui sont investis à 100 % dans leur entreprise. Très actifs, les chefs d’entreprise ont également parfois du mal à simplement ne rien faire. Pourtant le repos sous une forme plus ou moins contemplative - promenade, lecture, film – peut être très bénéfique.

    Un autre moyen de détacher son esprit de l’entreprise est de focaliser son énergie sur un loisir exigeant beaucoup de concentration : apprendre une langue, pratiquer un sport complexe, jouer d’un instrument de musique de façon régulière. Adhérer à une association caritative en excluant tout rôle de leader peut également être une bonne idée.

    Pour « décrocher », il existe également des techniques de bien être utilisables au quotidien : relaxation, réflexologie, sophrologie, etc.

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