Le salarié aidant : qui est-il ?

1 salarié sur 5 est aidant et ce chiffre continue à progresser notamment du fait du vieillissement de la population. Il est donc urgent pour les entreprises de s’intéresser à ces collaborateurs, leurs vulnérabilités et leurs besoins. Nous vous proposons de découvrir les traits communs à ces salariés pas comme les autres grâce au 3ème baromètre de la Fondation Médéric Alzheimer.

Qu’est ce qui définit un aidant ?

L’aidant est une personne qui intervient de façon non professionnelle et régulière auprès d’une autre personne de son entourage confrontée à la maladie, au handicap ou à une perte d’autonomie due à l’âge. La personne aidée peut être un conjoint, un parent ou beau-parent, un enfant ou encore un proche (parent plus éloigné, ami, voisin) avec lequel il existe un lien privilégié.

L’aide peut être matérielle comme le fait de faire les courses à la place de quelqu'un, de l’aider à accomplir des actes de la vie courante ou encore de gérer son budget. Elle est également morale sous la forme d’un soutien psychologique, d’échanges et d’une présence régulière.

Près de 11 millions de personnes sont aidants familiaux en France et selon les derniers chiffres de la DREES, près de 3,9 millions de personnes le sont auprès d’une personne âgée.

Existe-t’il un salarié aidant type ?

Selon le 3ème baromètre de la Fondation Médéric Alzheimer 2020, la moyenne d’âge de l’aidant est de 51 ans. Contrairement aux idées reçues, c’est aussi bien un homme (47 %) qu’une femme (53 %). Et la majorité d’entre eux est marié et avec des enfants à charge de moins de 15 ans. Le salarié aidant est également plus présent dans les grandes entreprises.

La relation aidant/aidé est d’abord une relation affective bâtie sur la confiance et le partage. Aussi le soutien moral est l’aide principale que déclarent apporter les aidants. Suivent ensuite la réalisation des demandes administratives sur Internet. Quant aux courses, elles sont réalisées par un aidant sur deux.

Quelles sont les difficultés que peut rencontrer le salarié aidant ?

La plupart d’entre eux a l’impression de cumuler deux emplois et 20 % disent jongler avec leur emploi du temps pour pouvoir remplir leur rôle d’aidant. De plus, 67 % se plaignent d’une charge mentale importante. Les personnes interrogées estiment ainsi être perturbées au travail par des sujets aussi diverses que :

  • Le temps passé au téléphone
  • La nécessité de partir plus tôt ou d’arriver plus tard
  • Les problèmes de concentration conduisant à accroître la charge et le stress

Malgré ce constat seulement 8 % des salariés concernés ont déjà évoqué leur situation avec leur supérieur hiérarchique. Beaucoup souhaitent préserver leur vie privée et ce qu’ils estiment être une relation naturelle de partage et d’échange avec un être cher. Ils sont également nombreux à craindre la stigmatisation.

Les salariés aidants vont donc développer des stratégies pour disposer de la flexibilité dont ils ont besoin :

  • 14 % ont déjà pris des congés pour s’occuper de leur proche
  • 6 % ont réorganisé leur emploi du temps sans toutefois baisser leur temps de travail

Surtout 14 % ont changé d’emploi depuis qu’ils sont aidants et se sont orientés vers des entreprises perçues comme accueillantes et capables de leur laisser la marge d’autonomie dont ils ont besoin.

Quel rôle peut avoir l’entreprise auprès du salarié aidant ?

L’entreprise peut intervenir de trois façons pour apporter un soutien au salarié aidant et améliorer sa qualité de vie.

  1. L’aider à exprimer ses besoins
    La majorité des aidants n’évoque pas sa situation au travail. L’employeur doit donc prendre l’initiative pour libérer la parole. Cela aura le double effet de faire prendre conscience aux salariés de leur propre situation et de lutter contre la stigmatisation. Le meilleur moyen est d’informer et former l’ensemble des collaborateurs sur cette question. L’objectif est que chacun, et en particulier les managers, devienne attentif et capable d’engager le dialogue avec le salarié.

    Aller plus loin : Pourquoi et comment encourager un salarié à parler de sa situation d’aidant
     
  2. Lui offrir une souplesse dans l’organisation de son travail
    Le salarié aidant doit parfois gérer des urgences, prendre du temps pour aller visiter son aidé, ou s’occuper de tâches matérielles. L’équilibre vie professionnelle/vie personnelle est donc difficile à trouver pour lui.

    L'entreprise peut lui offrir la souplesse nécessaire en utilisant différents leviers comme :
    • La personnalisation des horaires de la personne ou la généralisation des horaires flexibles 
    • L’organisation du don de congés entre collaborateurs
    • La mise en place du télétravail
    • L’allègement ponctuel de la charge de travail du salarié ou le passage en temps partiel
    • La mise en place d’un compte épargne temps

    Elle doit également penser à informer les salariés concernés et les accompagner pour bénéficier des congés spécifiques comme le congé proche aidant, le congé de solidarité familiale ou celui de présence parentale.
     
  3. Lui faciliter l’accès à l’information
    Une des demandes principales des aidants est d’avoir plus de données sur les dispositifs auxquels ils ont droit pour mieux vivre leur situation d’aidant. L’entreprise peut jouer un vrai rôle pour son salarié concerné en lui donnant accès à l’information via une plateforme dédiée ou des actions pédagogiques ponctuelles.

    Aller plus loin : Malakoff Humanis a créé Essentiel autonomie, un site de ressources en ligne pour tous ceux qui aident un proche au quotidien.
     
  4. Agir sur la culture de l’entreprise
    1 salarié sur 4 sera aidant en 2030 et le chiffre va continuer à progresser du fait du vieillissement de la population. C’est l’entreprise tout entière qui doit apprendre à gérer cette situation de plus en plus commune.
    Malakoff Humanis vous aide à mieux comprendre le phénomène et à sensibiliser tous les collaborateurs par des Ateliers « Comprendre les aidants » et des Ateliers « Burn-out aidant ».

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