Les troubles psychiques : comment les définir ?

Les troubles psychiques : comment les définir ?

Le trouble psychique prend des formes différentes et variables et peut avoir un impact sur le travail. Bien pris en compte dans l’entreprise, il permet de favoriser ou maintenir l’insertion professionnelle du salarié concerné. Nos explications et nos conseils aux managers pour appréhender de façon apaisée ce sujet tabou.

Troubles psychiques, santé mentale : de quoi parle-t-on ?

La santé mentale

La santé mentale est définie  comme un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté.

L’état de santé mentale évolue entre un pôle positif et un pôle négatif. Le pôle positif est lié à des émotions tels que la joie, la satisfaction, le sentiment de bien-être. Il se définit également par la capacité des individus à faire face aux obstacles. Le pôle négatif recouvre les périodes de fragilité psychologiques, les troubles psychiques jusqu'au handicap psychique.

L’équilibre entre ces deux pôles définit l’état de santé mental de la personne. Il dépend de facteurs multiples : traits de personnalité, capacité de résilience, environnement familial, contexte social, etc.

Les troubles psychiques

Les troubles psychiques sont les affections qui vont altérer l’état de santé mentale. Ils peuvent prendre des formes et des expressions très différentes. Ils apparaissent à une période particulière de la vie et peuvent s’installer dans la durée. Les plus répandus sont :

  • Les troubles de l’humeur : dépression, trouble bipolaire ;
  • Les troubles anxieux ;
  • Les troubles obsessionnels compulsifs ; 
  • Les addictions ;
  • Les troubles du comportement alimentaire ;
  • Les troubles psychotiques ;
  • La schizophrénie.

Le principal effet des troubles psychiques est de modifier le rapport à la réalité de l’individu. Ils ont donc un impact sur la vie sociale mais également sur la vie professionnelle. 

Le chiffre

La différence avec les risques psycho-sociaux

  • Les risques pyscho-sociaux (RPS) couvrent tous les phénomènes liés au travail pouvant affecter la santé physique comme psychologique des salariés. Ce sont donc essentiellement des risques à caractère collectif. Ils ne doivent pas être confondus avec les troubles psychiques. Ces derniers sont à caractère individuel.
  • Les RPS peuvent toutefois avoir un impact sur l’état de santé psychique. Le stress ou le syndrôme d’épuisement professionnel sont parfois à l’origine de troubles psychiques.

La reconnaissance du handicap psychique

Le handicap psychique est reconnu officiellement par la loi en 2005. Il est défini comme une limitation ou une restriction d’activité liée à une altération de l’état de santé psychique.

Cette reconnaissance administrative permet au salarié concerné de bénéficier des dispositifs prévus pour favoriser l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. L’entreprise est accompagnée pour aménager son poste et ses conditions de travail. Cette insertion dans l’emploi est réputée avoir des impacts positifs sur l’évolution des troubles.

Comment faire face aux troubles psychiques d’un collaborateur ?

Le manager et les collègues sont souvent les premiers à constater la souffrance du salarié atteint d’un trouble psychique. Parfois même avant la personne qui peut être dans le déni. Son comportement se modifie : colère, irritabilité, stress. Elle éprouve des difficultés à réaliser les tâches qui lui sont confiées. Ou encore, elle enchaîne des absences plus ou moins longues et inexpliquées.

Face à ces indices, la première chose à faire pour le manager est d’échanger avec son collaborateur. L’approche doit être factuelle et porter sur les difficultés professionnelles uniquement. L’objectif est de rechercher ensemble des solutions notamment en termes d’aménagement du temps de travail. Dans ce dialogue, le manager doit faire preuve d’empathie mais sans empiéter sur la vie personnelle. Et il faut savoir résister à la tentation naturelle de surprotéger la personne.

Activer un réseau d’experts

Une fois l’échange engagé, l’enjeu pour le manager est de réussir à accompagner le salarié et de réduire les impacts sur l’équipe de la situation. L’approche la plus efficace consiste à s’entourer de  relais internes et externes comme par exemple :

  • Le responsable des ressources humaines ;
  • Le médecin du travail ;
  • Un médiateur externe, expert des troubles psychiques et de l’organisation du travail ;
  • Le conseiller de l’Agefiph.

Ils participeront au suivi du salarié qu’il s’agisse de l’aménagement de ses conditions de travail ou de la gestion de ses retours après une absence.

AGEFIPH

L'association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) est chargée de soutenir le développement de l'emploi des personnes handicapées. Elle propose des services et aides financières pour les entreprises et les personnes.

Modifier l’organisation de l’équipe

L’équipe est souvent impactée par la situation d’un salarié présentant des troubles psychiques. Les collègues du salarié vont ainsi avoir tendance à compenser les absences et à prendre en charge le travail de la personne. Les salariés peuvent aussi être touchés émotionnellement et éprouver des peurs irrationnelles.

La solution est d’abord organisationnelle. Le manager doit réorganiser les missions afin d’éviter que l’équipe soit en surcharge de travail. Une embauche temporaire et/ou une répartition différente des tâches s’impose. L’information est l’autre solution à mettre en œuvre. Pour lever les peurs et tabous liés à ce type d’affection, le manager a tout intérêt à faire intervenir des professionnels (médecin, associations spécialisées) pour libérer la parole.

Gérer les absences éventuelles

Le salarié concerné par les troubles psychiques risque d’être arrêté de façon régulière et plus ou moins longue. La préparation de son ou ses retours fait partie des priorités du manager. Elle permet de maintenir le dialogue et de redéfinir les missions ou l’aménagement de travail de façon adaptée. Après une longue absence, un tutorat peut être mis en place pour faciliter la reprise. Il est assuré soit par le manager, soit par un autre membre de l’équipe ou encore par un organisme externe spécialisé. L’objectif est que la réinsertion soit réussie avec un impact positif sur la santé du salarié et l’équilibre de l’équipe.
 

Bon à savoir

Le tutorat peut faire l’objet d’une aide financière de l’Agefiph

Les autres fragilités à prendre en compte

Les troubles psychiques mettent en lumière la vulnérabilité de certains salariés. D'autres peuvent avoir d’autres fragilités, ponctuelles ou plus durables, qui ont aussi un impact sur leur vie professionnelle. Celles-ci doivent faire l’objet d’une attention du management afin que chaque salarié puisse s’intégrer harmonieusement dans l’équipe et l’entreprise.

Lire aussi : notre dossier sur la fragilité des salariés en entreprise

Pour aller plus loin

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