Mal-être au travail : écouter, porter de l’attention, mieux accompagner…

Mal-être au travail : écouter, porter de l’attention, mieux accompagner

Épuisement, isolement, stress, burn-out... Un nombre grandissant de salariés déclarent souffrir de mal être au travail.   
Quels en sont les causes, les symptômes et les impacts sur l’entreprise ? Quelles solutions envisagées pour le prévenir et accompagner les salariés ?

Qu’appelle-t-on le mal-être au travail ?

Plus de la moitié des salariés (54 %) déclarent se sentir épuisés par leur travail et 70 % affirment que leur travail est nerveusement fatigant(1)

Managers, cadres, employés, personne n'est à l'abri d'une "mauvaise passe" professionnelle ou d'un événement personnel ou familial inattendu engendrant stress, isolement, agressivité ou même "burn out".

Le mal-être se définit comme un sentiment de profond malaise, et la souffrance, un état prolongé de douleur physique ou morale.

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Quels sont les sources et les symptômes de ce mal être ?

Les origines de la souffrance au travail et des risques psychosociaux ( RPS) dans l’entreprise sont multifactorielles

  • des causes internes : organisation du travail, relations avec les collègues ou la hiérarchie, sentiments d’agression ou de non valorisation, violences et harcèlement moral ou sexuel, approche des changements, déséquilibre entre efforts et reconnaissance, absence de soutien social, conflit et rivalités entre personnes ou entre équipes, incompréhensions ou méprises, manque d’autonomie, etc.
  • des causes externes : pression des clients, des fournisseurs, des concurrents, des banques, des administrations, évolutions technologiques et sociétales, etc.
  • des causes personnelles : difficulté à faire face, ressenti de colère, de tristesse, de culpabilité, surinvestissement ou sous-investissement, etc.

Les symptômes du mal être sont variables d’un salarié à l’autre : 

  • anxiété, 
  • tristesse, 
  • dépression, 
  • trouble de la relation sociale, 
  • trouble du sommeil, 
  • troubles psychosomatiques, etc.

La souffrance au travail peut avoir de lourdes conséquences sur le fonctionnement des entreprises (absentéisme, turn-over, présentéisme, manque d’engagement, motivation…) et, surtout, sur la santé des salariés : maladies cardio-vasculaires, troubles musculo-squelettiques, troubles anxio-dépressifs, troubles métaboliques, affaiblissement de l’immunité, décompensation d’un trouble de santé mentale.

 

Comment accompagner les salariés en situation de souffrance au travail ?

Parce qu’on ne laisse pas chez soi des problèmes importants, qu'on les emporte souvent en franchissant le matin la porte de l'entreprise, le dialogue est la composante essentielle d'une bonne prévention des troubles psychosociaux.

Quel est le rôle du médecin du travail ?

Face à cette situation de souffrance, le service de santé au travail joue un rôle de médiateur entre l’entreprise et le salarié.

Le médecin du travail qui connaît bien l’environnement et les conditions de travail, est l’interlocuteur privilégié pour orienter le salarié concerné. Il peut également, avec l’accord du collaborateur, travailler en collaboration avec des praticiens généralistes ou spécialistes.

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Écoute et dialogue : les premières étapes dans la prévention des RPS

Pour prévenir les risques psychosociaux, une démarche de prévention collective, centrée sur le travail et son organisation est à privilégier. Elle vise une situation de travail globale et s’intéresse aux principaux facteurs de risques connus.

En complément et pour répondre à cette obligation de l’employeur, d’autres pratiques se développent dans les entreprises.

Bon nombre d'entre elles prennent conscience de la nécessité de mettre en place une organisation permettant aux salariés d’être écoutés, avec bienveillance, discrétion et confidentialité. En l'absence de personnes dédiées au sein de la société, elles organisent la présence ponctuelle d'un psychologue ou d'un assistant social du travail, la mise en place d'une ligne téléphonique dédiée ou confient à leur partenaire assureur la mise en place de tels dispositifs de prévention des RPS.

Ces écoutants seront présents pour la prévention des RPS et peuvent également avoir une écoute, une action et un accompagnement sur des sujets tel que : 

  • le budget : situation de surendettement, précarisation financière, difficultés ponctuelles suite à un événement familial…,
  • la famille : séparation, divorce, perte d’autonomie ou maladie d'un proche,
  • la santé : problème d'addiction, dépression, retour au travail difficile après une maladie ou une maternité.

Bon à savoir

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