Covid-19 : vaccination en entreprise. Pourquoi, pour qui, comment ?

Covid-19 : vaccination en entreprise. Pourquoi, pour qui, comment ?
Publié le 09.04.2021

Depuis le 25 février 2021, la vaccination contre la Covid-19 dans l’entreprise est possible pour les salariés âgés de 55 à 64 ans présentant des comorbidités. Organisée par les services de santé au travail, cette nouvelle mesure va permettre d’étendre les lieux de vaccination. Obligations employeurs et impacts organisationnels, nos explications.

Pourquoi avoir mis en place la vaccination en entreprise ?

Les personnes âgées ne sont pas les seules à risques de développer des formes graves de la Covid-19. Sont aussi concernées les personnes présentant des facteurs de comorbidités dues à des pathologies comme, par exemple, le diabète, l’obésité ou encore l’hypertension artérielle. Or, beaucoup de ces personnes sont des actifs.

En effet, selon l’ANACT (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail), près d’un salarié sur six serait atteint d’une maladie chronique, donc à risque face au virus de la Covid-19. Les pouvoirs publics ont donc ouvert l’accès à la vaccination de ces personnes dès le 25 février en mobilisant les médecins du travail.

Cette vaccination en entreprise permettra de mieux protéger les salariés à risque et ainsi de favoriser la poursuite de leur activité et celle de l’entreprise.

Quels salariés sont concernés par la vaccination Covid-19 ?

Cette vague de vaccination est réservée aux collaborateurs âgés de 55 à 64 ans présentant des facteurs de comorbidité. Il s’agit des pathologies identifiées comme augmentant le risque de développer une forme grave de la Covid-19, à savoir :

  • Les pathologies cardio-vasculaires (hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, etc.).
  • Le diabète de types 1 et 2.
  • Certaines pathologies respiratoires chroniques comme l’asthme sévère, la broncho pneumopathie obstructive ou encore l’apnée du sommeil.
  • L’insuffisance rénale chronique.
  • L’obésité avec indice de masse corporelle ≥30.
  • Le cancer ou l’hémopathie maligne.
  • Les maladies hépatiques chroniques, en particulier la cirrhose.
  • L’immunodépression congénitale ou acquise.
  • Le syndrome drépanocytaire majeur ou antécédent de splénectomie.
  • Les pathologies neurologiques (sclérose en plaques, maladie de Parkinson, hémiplégie, etc.).
  • Les troubles psychiatriques ou la démence.

Comment s’organise la vaccination en entreprise ?

L’entreprise n’intervient pas directement dans l’organisation de cette campagne. Seuls les médecins des services de santé au travail et les infirmières diplômées d’Etat (IDE) sont autorisés à le faire.

Les services de santé au travail organisent la vaccination en entreprise

Les médecins du travail et les infirmières diplômées d’état (IDE) sont les acteurs principaux de cette campagne de vaccination dont le cadre est fixé par le « Protocole pour la vaccination par les médecins du travail au moyen du vaccin Astrazeneca » publié le 16 février par le ministère du Travail et mis à jour régulièrement.

Concrètement, ils doivent :

  • se procurer les doses du vaccin AstraZeneca auprès d’une pharmacie d’officine de leur choix ;
  • en organiser le stockage en respectant les règles de sécurité ;
  • informer l’ensemble des salariés des entreprises qu’il suit, y compris les personnes placées en activité partielle du fait d’une pathologie à risque, de la possibilité de se faire vacciner ;
  • organiser les rendez-vous, vérifier l’éligibilité des personnes et recueillir leur consentement à la vaccination ;
  • procéder à la vaccination et la surveillance post-vaccin de 15 mn ;
  • s’assurer du respect de la confidentialité des données.

Si les services de santé au travail de l’entreprise ou inter-entreprises ne peuvent pas missionner de médecins ou d'IDE sur les sites concernés, il est possible de faire appel à des médecins ou des IDE externes. 

En savoir plus

Le salarié est acteur de sa vaccination

Cette vaccination Covid-19 en entreprise est basée sur le volontariat. Le salarié une fois informé de l’existence de cette possibilité doit prendre directement contact avec la médecine du travail pour prendre rendez-vous. Le cas échant, il lui sera demandé de produire les documents justifiant de la maladie chronique ouvrant droit à vaccination.

Tous les échanges avec la médecine du travail, y compris le consentement sont placés sous la protection du secret médical. Et si le salarié doit s’absenter de son poste de travail pour aller se faire vacciner, il n’est pas obligé d’en mentionner la raison précise. Il peut tout à fait justifier son absence par un rendez-vous au service de santé au travail.

Le protocole du ministère du travail insiste sur ce point : « Tout doit être mis en œuvre pour le respect de la confidentialité des vaccinations vis-à-vis des employeurs. »

Quel est le rôle de l’entreprise dans la vaccination des salariés ?

L’entreprise peut recommander la vaccination, mais en aucun cas l’imposer, à ses salariés (le vaccin étant non obligatoire). Elle a par ailleurs pour obligation d’assurer le bon déroulement de la campagne.

Elle peut ainsi relayer la communication du médecin du travail via son intranet, de l’affichage, des mails ou même par SMS, autant de moyens à disposition de l’employeur pour s’assurer que tous les salariés soient au courant de la campagne de vaccination menée.

L’entreprise a la possibilité de faire valoir, dans sa communication, les avantages de la vaccination et notamment :

  • la diminution des risques pour chaque salarié d’être malade de la Covid-19 ;
  • la réduction des cas contacts ;
  • la possibilité de retrouver une vie quasi normale dans l’entreprise et à l’extérieur tout en continuant à respecter les gestes barrières et le port du masque.

Enfin l’entreprise peut faciliter la tâche de son service de santé au travail. En particulier, si son cabinet est implanté sur le site : fournir des frigos, des matériels médicaux, des protections pour les personnes effectuant la vaccination et les salariés à vacciner ou libérer des espaces de bureaux supplémentaires.

Si l’entreprise a des obligations de santé et de sécurité au travail, elle n’en demeure pas pour autant responsable des éventuels accidents médicaux liés à cette campagne de vaccination. Lors de cas avérés, c’est l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam) qui assure la prise en charge des réparations.

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