Mal-être au travail : comment l’entreprise peut l’identifier et intervenir ?

En France, 9 français sur 10 considèrent la santé mentale comme un véritable enjeu de société et attendent des mesures de protection de la part de leur employeur (1). Pourtant, il semble encore difficile d’identifier le mal-être au travail et de prévenir les risques psychosociaux qui y sont associés. En tant qu’employeur, il vous incombe de veiller au bien-être de vos salariés, que ce soit sur le plan physique ou mental. Nous vous guidons.

Mal être au travail : causes, conséquences et modes d’intervention

Le mal être au travail : quelle définition ?

Le mal-être professionnel se définit comme un état de souffrance psychologique, émotionnelle et/ou physique ressenti par un salarié dans son environnement de travail. 

Il s’agit d’un déséquilibre entre les contraintes et les ressources disponibles pour y faire face, souvent causé par des facteurs liés à l'organisation, aux relations ou aux valeurs de l'entreprise. 

Ce sentiment de mal-être n'est pas une maladie en soi, mais un signal d'alerte qui, s'il n'est pas traité, peut mener à des troubles plus graves (risques psychosociaux ou RPS), tels que : 

  • le stress chronique ; 
  • le burn-out (la surcharge mentale liée au travail) ; 
  • le bore-out (épuisement par l'ennui) ; 
  • le brown-out (épuisement par la perte de sens). 

Il affecte la santé globale de l'individu, son engagement, et bien évidemment, la performance de l'entreprise.

Quelles causes et conséquences du mal-être au travail ?

Le mal-être au travail peut avoir des origines multiples : personnelles, externes ou internes à votre entreprise. 

Les causes personnelles 

Tout d’abord, la perte de sens au travail constitue l’une des causes les plus fréquentes du mal-être. Elle prend sa source dans divers changements qui peuvent venir bouleverser l’équilibre de l’entreprise : nouveau management, évolution des objectifs, restructuration… 

Ainsi, il est fréquent que certains collaborateurs aient du mal à comprendre les décisions prises ou à s’y adapter. Cela peut générer une forme de démotivation et de détachement ou à l’inverse, angoisse et pression

Par ailleurs, un déséquilibre dans l’investissement personnel est également un signal d’alerte : 

  • le surinvestissement traduit souvent une perte de repères ou une peur de l’échec ; 
  • le sous-investissement, quant à lui, reflète un désengagement progressif. 

Le rapport qu’un salarié entretient avec son travail ou son entreprise reste déterminant pour son bien-être. 

Les causes externes 

Le mal-être peut également être lié à l’environnement extérieur ou à la pression des interactions quotidiennes. Par exemple, un salarié constamment sollicité par les clients ou confronté à des demandes répétitives peut se sentir oppressé. Même chose pour ceux qui doivent répondre à des demandes répétitives. 

Les transformations technologiques ou même certaines évolutions sociétales peuvent également avoir un impact sur les perceptions des salariés

Les causes internes à l’entreprise 

Certaines causes de mal-être proviennent directement de l’organisation du travail, parfois sans que vous en ayez conscience. Les plus fréquentes sont : 

  • une charge de travail mal répartie (trop lourde ou insuffisante) ; 
  • des horaires décalés ou incompatibles avec la vie personnelle ; 
  • un management autoritaire ou absent ; 
  • des conditions physiques pénibles (bruit, déplacements, environnement inadapté). 

Ces déséquilibres favorisent le stress, la démotivation, voire la sensation d’épuisement

Au-delà de la souffrance individuelle, les conséquences pour votre entreprise peuvent prendre plusieurs formes : désengagement, burn-out, absentéisme accru, baisse de performance ou encore turn-over…

Comment intervenir face au mal-être au travail ?

Dès que vous suspectez une situation de mal-être, il convient d’agir rapidement auprès du ou des salariés concernés. 

Le dialogue, premier levier d’action 

C’est en nouant le dialogue avec les salariés qu’il est possible d’identifier les signes précurseurs du mal être. Irritabilité, sautes d’humeur, discours critiques ou encore dévalorisation personnelle… Ces signaux faibles doivent vous alerter sur l’état de santé mentale global de vos équipes. 

Afin de rendre ces échanges plus constructifs, nous vous recommandons de : 

  • former vos managers à la détection des signaux de souffrance et aux risques psychosociaux (RPS)
  • instaurer des entretiens de suivi individuels centrés sur la qualité de vie au travail ; 
  • encourager une écoute bienveillante et non culpabilisante. 

Plus la situation est détectée tôt, plus il est facile d’agir avec des ajustements simples. Pour certains, il s'agira simplement d'aménager les horaires de travail tandis que pour d’autres, il conviendra de revoir les tâches à effectuer. 

S’appuyer sur des experts internes et externes 

Lorsque le mal-être est plus profond ou s’installe dans la durée, vous pouvez vous appuyer sur des ressources spécialisées. 

Ces intervenants vous permettent d’adopter une approche globale, à la fois humaine et conforme à vos obligations légales.

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Comment prévenir le mal-être au travail ?

La prévention des risques psychosociaux constitue votre meilleur levier pour protéger durablement vos salariés et renforcer la performance de votre entreprise. 

Évaluer les situations à risque 

La première étape consiste à bien évaluer les situations à risques en termes d’organisation du travail, de modèles de management, de conditions de travail. Malakoff Humanis a inclus dans ses contrats la possibilité de vous faire accompagner de façon personnalisée dans cette phase. 

Élaborer un plan de prévention 

L’élaboration d’un plan de prévention des risques psycho-sociaux permettra, dans un second temps, d’anticiper et d’éviter d’éventuels mal-être. Ce plan peut inclure : 

  • des ateliers de sensibilisation sur le stress, la charge mentale ou les addictions ; 
  • un accompagnement au retour à l’emploi après une longue absence ; 
  • des dispositifs de soutien psychologique pour vos équipes. 

Il peut être élaboré en interne, mais aussi complété par des services externes pour une approche experte. À titre d’exemple, Malakoff Humanis peut intervenir pour accompagner le retour à l’emploi d’un salarié longtemps absent ou bien vous proposer des ateliers pour des risques très spécifiques comme le cancer

Miser sur la santé globale et la mutuelle d’entreprise 

La prévention passe aussi par la promotion du bien-être individuel, ce pourquoi il peut être judicieux d’inclure une bonne prise en charge des médecines douces dans votre mutuelle d’entreprise. 

En effet, l’ostéopathie, la sophrologie ou encore l’acupuncture sont des disciplines très demandées pour soulager le stress et prévenir l’épuisement professionnel.

Le saviez-vous ?

Malakoff Humanis a conçu le diagnostic santé des salariés pour aider les entreprises à sonder leurs collaborateurs sur leur perception du travail.

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En savoir plus sur le mal être au travail

Quelles sont les conséquences d'un mal-être au travail prolongé sur la santé physique des salariés ? 

Un mal-être chronique peut entraîner des troubles musculosquelettiques (TMS) et affecter la santé physique de vos collaborateurs. On observe notamment une augmentation des lombalgies, des troubles du sommeil, des maux de tête et des problèmes cardiovasculaires chez les salariés concernés. 

Comment distinguer clairement le burn-out du bore-out et du brown-out en entreprise ? 

Le burn-out résulte d'une surcharge émotionnelle et physique par l'excès de travail et de pression. Le bore-out est l'épuisement causé par l'ennui et le manque criant d'activité. Quant au brown-out, il se caractérise par la perte de sens et la démotivation face à des tâches jugées inutiles ou absurdes. 

Comment la médecine du travail peut-elle concrètement vous aider, employeur, à prévenir les RPS ? 

Le médecin du travail est un partenaire clé pour la prévention des RPS. Il réalise le suivi de l'état de santé de vos salariés, effectue des études de poste pour identifier les risques et formule des recommandations d'aménagement. Il peut également proposer une médiation ou orienter le salarié vers un soutien psychologique adapté.

Quels sont les signaux d'alerte spécifiques pour identifier le mal-être au travail chez un manager ? 

Un manager en difficulté peut présenter un isolement décisionnel marqué, une irritabilité accrue envers son équipe ou une difficulté excessive à déléguer ses tâches. Ces signes indiquent souvent une surcharge ou une perte de repères liée à sa position et aux responsabilités d'encadrement. 

Au-delà du soutien psychologique, quelles actions concrètes mettre en place pour améliorer la qualité du sommeil de vos équipes ? 

Afin d'améliorer le repos de vos salariés, vous pouvez proposer des aménagements d'horaires plus flexibles et organiser des ateliers de sensibilisation à l'hygiène du sommeil. Il est également crucial de veiller au strict respect du droit à la déconnexion en dehors des heures de travail.